En proposant trois parcours de visite au grand public dans l’intimité de sa cuverie des Ursulines, la maison Jean-Claude Boisset donne accès à une passionnante histoire et à un savoir-faire haute couture. Voyage entre ciel et terre.

de verre au sein même de la cave des blancs. © Jean-Luc Petit / DBM
À bien des égards, ce n’est pas un lieu comme les autres. Lovée entre le Meuzin et le ruban des crus de Nuits-Saint-Georges, la cuverie des Ursulines est tout à la fois une prouesse architecturale, un sanctuaire de vinification et d’élevage de la maison Jean-Claude Boisset, et le témoin émouvant d’un ancien couvent du XVIIIe siècle.
C’est ici que les sœurs dévouées à Sainte-Ursule, ordre catholique né au XVIe sièce en Italie, ont patiemment édifié leur couvent entre 1717 et 1730, en se consacrant pieusement à l’éducation et la protection des jeunes filles, avant que la Révolution française ne passe par là.
Circulation des énergies
Fondateur du groupe familial viticole en 1961, Jean-Claude Boisset rachète du même tenant une maison de négoce et le site des Ursulines en 1983. L’homme d’affaires et du vin est comme toujours attaché à l’histoire et l’esprit des lieux. La persévérance de ces bâtisseuses lui inspire l’idée de faire revivre le couvent autour d’un beau jardin à la française, tout en construisant un outil de travail de rêve. Frédéric Didier, l’architecte de Versailles, a multiplié les petits miracles. Parachevée en 2018, la cuverie est un « non-bâtiment » bioclimatique, disposant d’un impressionnant dôme végétalisé épousant le galbe de la côte, où les roses et les vignes, ordonnancés façon losanges vernissés, regardent le vignoble tout proche. Tout, ici, est basé sur la circulation des énergies, en lien avec le travail du géobiologue Georges Prat. Déambuler dans ces espaces oniriques, à cheval entre les époques, est en soi une expérience sans équivalent en Bourgogne.

Le petit comme le grand
Derrière le nom Jean-Claude Boisset, il y a la réalité d’un négoce représentant l’équivalent de 40 hectares, dédié aux cépages bourguignons, confiés à l’inspiration du vinificateur Grégory Patriat depuis 2002. Nous sommes ici dans la haute couture des vins de Bourgogne, élevés entre ciel et terre, avec la nature et le cosmos comme maitre-mots. Une quarantaine de cuvées, principalement issues des prestigieuses Côte de Nuits et Côte de Beaune, constituent la collection maison. Même l’aligoté patiente deux hivers en cave, dans ces demi-muids de 450 litres. « Aligoté comme Criots-Bâtard-Montrachet, nous élevons le petit comme le grand », image Claire Salignon au fil de la visite.
La responsable œnotourisme connait l’esprit des lieux par cœur. Elle se réjouit de l’ouverture au grand public d’une jolie panoplie de trois dégustations in situ, allant de 30 minutes à 2 heures (lire encadré), jusque-là plutôt réservée à une clientèle de grands voyageurs initiés.
Sa collègue Tetiana Pankovych, jeune ukrainienne venue en France pour apprendre la sommellerie, complète un duo dynamique et très engagé dans la philosophie maison, à même d’accueillir une douzaine de personnes maximum, toujours sur rendez-vous, en VF ou en anglais.
Le Cœur de verre
Le parcours de visite prend fin dans l’intimité des caves à rouges de 1896, puis de la cave à blancs, entièrement rénovée en pierre de Corton, avec ses douze magnifiques clés de voûte inspirées de Vézelay. L’espace renferme un Cœur de verre, nom de cette élégante salle vitrée, où le petit groupe peut déguster dans les meilleures conditions une sélection de vins soigneusement choisie, sur différents millésimes. Le jour de notre passage, une jolie gamme (Nuits-Saint-Georges 1er cru Les Pruliers, Savigny-lès-Beaune Les Planchots, Chorey-lès-Beaune Les Beaumonts, Pouilly-Fuissé 1er cru Sur la Roche et Marsannay) autorisait une promenade au rythme des terroirs et des explications.
Une troisième formule permet de terminer en apothéose, au fil de l’incroyable œnothèque constituée par la famille Boisset, 55 000 flacons dont on change les bouchons tous les quarts de siècle, dans une vénérable cave de 1821. L’expérience est unique. Elle donne à voir de véritables reliques, comme un Richebourg 1865, le plus vieux millésime. Définitivement, la cuverie des Ursulines n’est pas un lieu comme les autres. Elle a les parfums de l’éternité.
3 visites, 3 émotions
Trois parcours de visite limités à 12 personnes, sur rendez-vous, tous les jours.
👉 Découverte des Ursulines
Présentation de la maison, visionnage d’un film sur les vins en Bourgogne et la ville de Nuits-Saint-Georges. Dégustation de 4 vins (AOC régionales et villages).
15€/personne | 30 minutes
👉 Cuverie des Ursulines
Visite incluant le jardin, la cuverie de vinification et les caves. Dégustation de 5 vins dont 1 premier cru.
35€/personne | 1h30
👉 Collection des Ursulines
Visite complète des lieux, incluant la collection de 55 000 bouteilles qui dorment dans les caves du XIXe siècle. Dégustation de 6 vins dont 1 sur fût et 2 premiers crus.
50€/personne | 2h
[email protected] – 03 80 62 64 08 – 5 chemin des Plateaux à Nuits-Saint-Georges